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Propos d’Expert

Emile LALSAGA, poète de l’amour et de la douleur

La poésie est un véritable art de vivre pour Mary Gildas Emile LALSAGA. Découverte.

 

 « Un poète est un monde enfermé dans un homme » Victor Hugo. Emile LALSAGA plus connu sous le pseudonyme Mary Gildas Emile LALSAGA en est l’illustration parfaite. La poésie, au delà de son aspect exutoire et exotique est un véritable viatique pour ce jeune homme qui  prend un réel plaisir à manier avec dextérité la langue de Molière. Après avoir décroché sa licence en lettres modernes à l’Université de Ouagadougou puis achevé son année de maîtrise dans la même université, Emile LALSAGA s’oriente vers l’Université de Koudougou pour ses études professionnelles. Il en sort  nanti de  son Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement Secondaire, option français. Grâce à ce parchemin, il est  actuellement professeur certifié de français au Lycée Municipal Rimvougré de Ouagadougou. La poésie, il l’a en lui depuis sa tendre enfance. Cette passion s’est  davantage renforcée au fil des ans mais surtout pendant son cursus académique. Poète en herbe, il se défini comme un poète romantique et  sentimentaliste. Comme louis Aragon,  il se retrouve dans la « poésie de l’amour et de la douleur ». Il  dispose d’ailleurs d’un groupe Facebook à ce nom où il publie régulièrement ses chefs d’œuvre. En ce mois de septembre, la pluie est une formidable source d’inspiration pour Mary Gildas Emile LALSAGA. Tenez :

« Depuis le petit matin il pleut sans arrêt

Oh, septembre et ses pluies diluviennes!!!

Mais vivement que cela se passe sans peine

Loin d'un certain 1er septembre et ses frais.

Dehors les larmes du ciel coulent toujours

Ici des ruissellements en vrac, là-bas, tapis de boue

Mais dedans, dans nos chambres, le sommeil sera doux

Et l'on profite se réchauffer comme dans un four. »

Rencontre avec un jeune homme en qui transparaît la joie de vivre. Poétiquement vôtre !

 

 

Mary Gildas Emile LALSAGA, poète :

« Dans un monde égoïste, la poésie ne saurait être muette comme une carpe»

 

LE STRATEGE :Imitation servile pour les uns, ingéniosité pour les autres, les débats sur l’essence et l’importance de la poésie sont souvent houleux. Qu'est-ce que la poésie pour toi?

Mary Gildas Emile LALSAGA : Pour moi, la poésie est une source d'expression, car elle est un langage, une expression pure et nette de ce qu'on ressent. Elle est source de libération car elle soulage un tant soit peu toutes les douleurs enfouies dans mon être. Enfin elle dénonce car elle ne saurait être muette comme une carpe au regard de notre monde en perte de vitesse. Au delà de son caractère esthétique, elle participe à la vie sociale. C'est une sorte de cuisine de mots qui se veulent beaux mais qui ne sont point de trop pour apaiser nos maux. Dès lors je parle de poésie participative, c'est-à-dire une poésie au service de l'humanité. Dans une de mes pensées, j'ose affirmer que: « Ceux qui clament que le poète n'est qu'un rêveur n'ont rien compris. Etre poète aujourd'hui- c'est participer au concert de son époque. Par ses mots jadis beaux mais qui ne sont jamais de trop, le poète recrée le monde; il interroge, dénonce les maux sociaux et participe à l'élévation de la grandeur humaine. »

 

Au regard de cette définition, on imagine tout le bouillonnement intérieur qui peut se produire en toi quand  tu prends ta plume pour décrire une situation. Que ressens-tu concrètement  en écrivant?

 

Poète nocturne, toujours en inspiration. Quelle est cette flamme qui m'habite? Don des muses ou une sorte de sublimation? Toujours est-il que ma poésie nait des profondeurs d'un être angoissé, pris de cours par les événements de la vie. L'écrit est pour moi donc une sorte de nourriture. Cela fortifie ma vie et je rejoins ici la conception voltairienne qui stipule que " les lettres nourrissent l'âme, la rectifient et la consolent." En écrivant, je partage ma vision du monde avec mes semblables. Je sens en moi une force intérieure, un désir de partager les joies et les peines du monde. « Ecrire pour ne pas mourir, ce n'est pas mon lot. Certains l'ont fait et échappent aujourd'hui au temps, ils sont grands. J'ECRIS et JE CRIE. D'une part, j'écris OUI à la beauté humaine, oui aux âmes sensibles, oui à la tolérance, à la paix, à l'amour... D'autre part je crie NON à la vie amère, à l'injustice, à la violence, NON à toutes les laideurs qui ne font pas de l'homme un humain. »

 

 

 Comme Tchicaya U' Tamsi, tu cherches donc à peindre le monde tel qu’il est. Pourquoi cette  prédilection pour le romantisme ?

 

 Ayant un comportement romantique dominé par la sensualité et une attitude qui se laisse guider par une sensibilité "exacerbée", je me veux poète romantique sentimentaliste. J'aborde la vie dans tous ses aspects. La nature est ma première source d'inspiration à partir de laquelle je chante l'amour et la femme sous forme d'aubade et de sérénade. Mais, dans un monde égoïste, en proie à la terreur ( terreur de l'homme à l'égard de son prochain et terreur de l'homme à l'endroit de la nature), et quand vint la mélancolie des soirs sans vie où règne la solitude, ma plume remue les plaies de l'humanité: guerres, violences, injustices qui engendrent sans doute une douleur que je décrie dans tous ses aspects: physique, psychologique et morale. En somme je me résume comme étant le poète de l'amour et de la douleur avec agrafe romantisme et sentimentalisme.

 

 

Depuis quelques années, la poésie burkinabè semble en léthargie. Que faudrait-il faire à ton avis pour la dynamiser davantage ?

 

 

Au Burkina, nous avons  des poètes confirmés. Sont de ceux là Me PACERE, Bernadette DAO, Ansomwin Ignace HIEN, etc mais la poésie reste un genre peu connu du public. Aussi, la génération actuelle doit beaucoup s'investir pour le rayonnement de la poésie burkinabè. Les universités publiques et la Direction du Livre et de la Promotion Littéraire, filiale du Ministère de la Culture  et du Tourisme devraient opérer une bonne politique d'édition afin de soutenir les jeunes écrivains issus de nos campus. Ensemble nous devons travailler pour que la poésie occupe une place de choix dans l'univers littéraire burkinabè. Aussi, gagnerons-nous en l'insérant dans les programmes scolaires et universitaires? Enfin il faut rappeler que le poète n'est ni un rêveur ni un charmeur comme le pense le commun des mortels mais comme je l'ai dit, il est "le faiseur des mots beaux pour soigner nos maux" et tant mieux si cela charme les âmes. Une fois de plus je suis tenté de conclure avec Louis Aragon que "le poète a tout raison. Qui va plus haut que l'horizon. Et le futur est son royaume;"

 

 

 La poésie est quasiment un art de vivre pour  toi. Quels sont donc tes principaux projets dans le domaine ?

 

 

Le souhait de tout écrivain est de pouvoir être lu. Au regard de mes écrits qui dorment dans les tiroirs, la première satisfaction que j'attends est de pouvoir bénéficier d'une politique de publication d'un recueil poétique. Cela contribuera sans doute à fertiliser l'inspiration et à permettre au poète en herbe de grandir et de s'affirmer. Le véritable problème demeure la question financière. Je profite lancer un appel à tous ceux qui croient toujours à la force des mots, aux amoureux de la littérature, particuliers ou organismes de soutenir les jeunes créateurs qui ont du talent à revendre. Mon deuxième projet est d'essayer les autres genres littéraires tels la nouvelle et le roman car j'ai vécu et vis toujours des circonstances qui s'apparentent à l'histoire d'un roman. J'espère y parvenir car cela pourra être signe de courage pour la génération actuelle voire pour la postérité. Mon troisième projet est de pouvoir dans mon milieu professionnel, créer et animer un club de poésie, toute chose qui stimulera les élèves à la lecture et à l'écriture.

 

 

Interview réalisée par

Arsène Flavien BATIONO

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