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Mali : Il ne faut pas se leurrer. Cette guerre ne sera pas une promenade de santé

Le déluge  de feu français s’abat sur les islamistes jihadistes du Nord-Mali. Ceux-ci sont pourtant  loin d’avoir capitulé. Leur capacité de nuisance est  encore grande. Elle pourrait même s’amplifier.

 

 

La quasi-totalité des Etats africains et de la communauté internationale salue l’intervention de la France au Mali. Officiellement, François Hollande déclare avoir  engagé la France au Mali, pour « sauver l’Etat malien de l’anéantissement » et pour  « stopper l’expansion du terrorisme ». En elles mêmes, ces  intentions et les actes qui les ont accompagnés sont  plutôt nobles.

 

Nul ne peut en effet cautionner les actes ignominieux perpétrés par  ces extrémistes fondamentalistes qui occupent le Nord du Mali depuis mars 2012. L’intervention militaire était une nécessité.  Elle aurait même dû intervenir  dès le début.

Le débat aujourd’hui ne se situe donc pas autour de l’opportunité de l’intervention mais sur la manière dont elle est menée et sur ses chances de succès. Autrefois réservée, la France a  subitement décidé de mettre les 02 pieds dans le plat sur « demande du Président Malien ».Elle intervient même en première ligne, car l’armée malienne est  en totale déconfiture. Les revers qu’elle a essuyés à Konna en disent long à ce sujet.

Au delà des considérations philanthropiques vantées à souhait,  cette guerre constitue  en réalité une cure de jouvence pour l’image de François Hollande dont la côte de popularité était en chute libre.  En revêtant les manteaux de chef des armées, Hollande montre à l’opinion française qu’il a de la poigne, de l’autorité, de l’envergure.

De nombreux Français avaient commencé à en douter. Cette intervention au Mali est donc un véritable exercice de com’ politique dont le but est de repositionner le président français sur l’échiquier politique. Il en espère des dividendes mais l’histoire récente de la France prouve que ce n’est pas toujours assuré. Sarkozy qui comptait sur la guerre en Lybie pour se faire réélire  s’est retrouvé sur  les carreaux.

Hollande est donc sur le gril d’autant plus que la guerre semble partie pour s’inscrire dans la durée. Les premières frappes chirurgicales sont toujours spectaculaires. Mais si la résistance devait durer et les pertes du côté français se multiplier (après l’échec de la tentative de libération de l’otage français en Somalie), l’effet boomerang ne tardera pas à se produire.

 

Dans cette intervention, les armées africaines sont obligées d’entrer dans leurs petits souliers et de s’aligner derrière la position française elles, qui n’ont pu durant plus de 09 mois parvenir à un consensus pour déployer leurs troupes au Mali.

 

Encore une fois, l’Afrique est un théâtre d’opérations où rien ne peut se faire sans l’aide de Paris !

 

En décidant d’agir seul, François Hollande a court-circuité  les plans qui étaient prévus. Reste à savoir si toutes les garanties sont réunies pour la réussite de l’opération. Les  contingents africains sont-ils suffisamment entrainés? Pendant combien de temps l’opinion française sera favorable à la présence des soldats africains (dont le nombre devrait atteindre  2500) au Mali ? Dans quel état l’intervention militaire laissera-t-elle le Mali ?

 

Ce sont là autant de questions non encore élucidées  qui peuvent amener, au stade actuel, à douter de l’efficacité de la solution militaire. Il ne faut pas non plus oublier que les terroristes détiennent des otages français  qu’ils peuvent à tout moment passer par les armes.

 

L’autre menace qui plane sur le Mali, c’est celui de l’enlisement. Mal conduite, cette guerre pourrait rapidement transformer le Mali en un Afghanistan en plein Sahel. Vaincus militairement, les jihadistes pourraient  désormais répliquer par des attaques terroristes autant au Mali que dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest.

 

Pour éviter une telle occurrence, tous les pays de l’Afrique de l’Ouest et la communauté internationale doivent impérativement s’engager au Mali  car un échec exposerait le monde entier  à un danger permanent !

Arsène Flavien BATIONO

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