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Mali : Dans la Sanogomania, il faut se soumettre ou se démettre !

Avec le bouillant  capitaine Haya Sanogo, il n’ya que deux choix possibles. Se soumettre ou se démettre. Cheick Modibo Diarra (CMD) l’a appris à ses dépends.

 

Contraint par les militaires fidèles au  capitaine Amadou Haya Sanogo, l’ancien Premier Ministre  malien Cheikh Modibo Diarra a dû rendre sa démission illico-presto ce 10 décembre 2012.

Sanogo qui n’a jamais vraiment quitté la scène politique pour rejoindre sa caserne, s’illustre encore comme seul maître à bord à Bamako. L’incertitude quant à un règlement rapide de la crise elle, ne fait que s’accroître. Au grand dam des Maliens.

Les relations étaient pour le moins exécrables entre le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l’ex-junte qui a renversé Amadou Toumani Touré en mars 2012 et  l’ancien Premier Ministre  malien Cheikh Modibo Diarra.

La pomme de discorde était relative  à l’intervention militaire envisagée au Nord-Mali pour déloger les groupes terroristes. Pendant que le capitaine  estimait que cette intervention devrait  être conduite uniquement par l’armée malienne, le Premier Ministre lui, n’envisageait que le déploiement de troupes internationales.  

Son attitude, ses prises de position et son activisme pour  le déclenchement de cette intervention n’ont eu pour résultats que d’irriter  davantage le capitaine. Pour Haya Sanogo, cette « outrecuidance » ne saurait être tolérée dans la mesure où il aurait été l’un des principaux artisans de la nomination, le 17 avril 2012, de  l`astrophysicien au poste de Premier Ministre. Dès lors, les jours de CMD étaient comptés à la primature.

Ce 10 décembre, il a été débarqué manu militari  après  seulement 08 mois d’exercice. Nommé le 11 décembre, le remplaçant de CMD, l’ex  médiateur de la République, Django Sissoko  s’est engagé à œuvrer pour la libération du nord et l’organisation d’élections  générales.

En juillet 2012, au moment où CMD était au centre de moult polémiques, LE STRATEGE écrivait : « L’homme (CMD, ndlr) qui n’avait pas une grande expérience politique s’est retrouvé, par la force des choses,  à gérer une grave crise dans laquelle le Mali est toujours empêtré. Pondéré pour les uns, pas assez entreprenant pour les autres, l’astrophysicien de la NASA  est au centre de controverses à Bamako depuis sa nomination le 17 avril 2012 (…) La situation au Mali est plus que chaotique et la perspective d’un retour rapide à la normale n’est pas encore véritablement à l’ordre du jour.  Les Maliens auraient voulu d’un Premier Ministre  qui allait rapidement parvenir à reconquérir le Nord. Mais de quels moyens dispose Cheick Modibo DIARRA pour une telle entreprise ?  Avec des militaires toujours maîtres du jeu à Bamako, il n a pratiquement aucun pouvoir. 04 mois après sa nomination,  Cheick Modibo DIARRA a-t-il la carrure nécessaire  pour continuer sa mission qui est de plus en plus périlleuse? Sera-t-il  au contraire voué aux gémonies ? »

 

Finalement, CMD a été décagnoté  en voulant certainement être khalife à la place du khalife.  La voix est donc toute indiquée pour Sissoko : se soumettre ou se démettre.  Avec de telles redistributions de cartes, la perspective d’une intervention militaire coordonnée et efficace  au Nord Mali  tend de plus  en plus, à devenir une véritable arlésienne. 

 

Tant que Sanogo demeurera maître de Bamako, les choses se feront selon son bon vouloir.  La CEDEAO et la communauté internationale, atones,  ne peuvent qu’en prendre acte. L’heure est à la  sanogomania  au Mali !

 

Arsène Flavien BATIONO

www.lestratege.net

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