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En toute Vérité

Mali : L’option militaire, maintenant !

MaliIl faut agir dès maintenant au Nord-Mali pour éviter l’embrasement de l’ensemble de  la sous région.

 

Le mini sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO sur le Mali s’est tenu le  07 juillet 2012 à Ouagadougou. Les présidents Thomas Boni YAYI du Bénin ;  Blaise COMPAORE du Burkina Faso, Alassane OUATTARA de la Côte d’Ivoire, Mahamadou ISSOUFOU du Niger, Goodluck JONATHAN du Nigeria  et Faure GNASSINGBE du Togo ont participé à cette  deuxième réunion du groupe de contact  de la CEDEAO pour le Mali.

Au terme de la rencontre,  le sommet préconise entre autres  la prise de mesures sécuritaires pour un retour du président intérimaire Dioncounda Traoré au Mali, la formation d’un gouvernement  d’union nationale… Pendant que les chefs  d’Etas et de gouvernement étaient réunis à Ouagadougou, des partisans de l’actuel Premier Ministre, Cheick Modibo Diarra manifestaient à Bamako contre le sommet de Ouagadougou. Pour eux,  ce sommet n’est ni plus ni moins qu’un cinglant désaveu à Cheick Modibo Diarra, qui a, il faut le dire, toutes les peines du monde pour conduire cette transition. Est-ce pour cela qu’il n’était pas à Ouagadougou ?

Si on note un relatif durcissement de ton de la CEDEAO,  il reste que la question de l’occupation du Nord-Mali par  les factions terroristes et islamistes demeure  entière. En la matière, après ces nombreux mois  d’instabilité et les affres que les populations du Nord Mali subissent et continuent de subir de la part des « fous de Dieu »,  seule une intervention militaire coordonnée et efficace pourra sauver le Mali. 

L’armée malienne doit aller au front 

Si la CEDEAO est prête à envoyer près de 3000 hommes au Mali, il  reste que la question de la participation de l’armée malienne ou de ce qu’il en reste se pose aussi. La CEDEAO veut en fait intervenir en appoint. Du reste le  communiqué final de la rencontre est clair en ce sens : « Le Groupe de contact (…) exhorte le Président de la République par intérim à adresser sans délai une requête à la CEDEAO et aux Nations Unies en vue du déploiement d’une force de la CEDEAO pour soutenir l’Armée malienne dans sa mission régalienne de défense du territoire national. »

On ne sait pas exactement à quel jeu le capitaine Haya SANOGO (l’auteur du coup d’Etat qui a renversé Ahmadou Toumani Touré et qui s’est vu retirer le statut d’ancien chef d’Etat par la CEDEAO) et ses hommes  sont entrain de jouer. Voulant toujours  rester aux commandes, ils tirent sur les ficelles à Bamako pendant que le Nord brûle.  Il faut un sursaut patriotique au niveau de cette armée  car comment ces hommes pourront-ils se mirer dans la glace si demain une intervention de la CEDEAO parvenait à déloger les terroristes du Nord sans leur apport ?  Une armée doit rester républicaine. Dans le cas d’espèce, les maliens ont besoin que leur armée se « remue » un peu pour sauver la patrie. 

Aujourd’hui, vue la nomenclature des forces en présence,  il urge d’user de tous les moyens pour résoudre l’équation malienne pour éviter de créer un précédent dangereux pour l’ensemble de la sous-région. Les islamistes sont déjà présents dans de nombreux pays (Tchad, Mauritanie, Niger, Mali…). Au regard des frontières poreuses que nous connaissons dans cette zone du continent, cela n’est pas de bon augure.

 L’intervention militaire est salutaire même s’il faut craindre que ce type de foyers, à l’instar de ce qui se passe au Nord Mali,  ne se multiplient à travers la sous-région. AQMI et ses affidés  ne vivent en fait que de ce genre de rapines. Il faut donc un important dispositif humain, logistique, financier… pour venir à bout des islamistes du Nord-Mali. Ils ont tellement eu le temps d’implanter leurs tentacules, qu’il ne suffit pas simplement de les déloger. Il faut sécuriser totalement le Nord et éviter absolument qu’ils n y reviennent.  On mesure ainsi l’ampleur de la mission à exécuter.

 Au delà donc du Mali, les chefs d’Etats de la CEDEAO doivent élaborer une véritable politique sous régionale pour extirper AQMI du Sahel Africain. Un échec au Mali ; et ces extrémistes auraient alors un boulevard doré pour appliquer leurs lois liberticides et rétrogrades. L’internationale terroriste et « l’afriqhanistan » tant redoutés seraient alors une réalité.  C’est donc plus que jamais le moment d’agir. Plus tard, serait trop tard ! 

 

Arsène Flavien BATIONO

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                                                                                      www.lestratege.net  

L’Auteur

 

Arsène Flavien BATIONO est Communicateur, Journaliste,  Chercheur Associé et Président du Groupe d’Etudes et de Recherches en Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (GERSTIC : www.legerstic.com ).Directeur de Publication du journal d’analyses géopolitiques et d’informations générales, Le Stratège (www.lestratege.net ), il a publié plusieurs articles  sur la géopolitique, la communication, le management…. Il est l’auteur de l’ouvrage « Communication Interne et Management: comment optimiser la performance  de votre organisation ? », 2011, Editions Universitaires Européennes, 144 pages.

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